08/05/2026 au 12/05/2026

Séances

08/05/2026
19h15
12/05/2026
20h40

Synopsis

Ce film a été présenté en avant-première mondiale lors de l’édition 2026 de la Berlinale où il a remporté le prix FIPRESCI (Fédération Internationale de la Presse Cinématographique) du meilleur film.

Dans un village isolé du Tchad, Kellou est traversée par des visions qu’elle ne comprend pas. Grâce à sa rencontre avec Aya, une exilée aux secrets douloureux, elle va découvrir une autre façon de regarder son passé, ses rêves et son village. Mais en prenant la défense d’Aya, que le chef du village tente de chasser, elle se heurte à la peur et à la colère des habitants, et devra se battre pour garder sa liberté.

  • Pour la première fois de sa carrière, Haroun s’aventure du côté du fantastique. Ainsi, en reprenant la figure hautement féministe de la sorcière, Soumsoum, la nuit des astres utilise la magie comme un instrument de sororité et d’humanisme. À travers les deux principaux personnages féminins, le film défend ouvertement la liberté des femmes, notamment en matière d’amour et de sexualité. Le cadre sociétal malveillant permet cette critique des normes patriarcales mais aussi plus largement celle de l’entre-soi, qui provoque le rejet de toute personne « différente », qui peut faire figure de bouc émissaire. Il en résulte une dénonciation de la discrimination
    Abus de Ciné.

  • Soumsoum, la nuit des astres est en effet un conte fait de légendes à respecter et de superstitions à déconstruire, un conte qui assume autant la candeur propre au genre que sa volonté de laisser de la place au merveilleux et à l’invisible. Mais il s’agit aussi d’un drame féminin dont la sobriété vient, dans un équilibre sérieux et élégant, désamorcer le tout-pittoresque.Cette sobriété donne au film un rythme assez placide, et le jeu des interprètes n’est pas tout le temps débarrassé d’une certaine raideur, mais ces limites apportent à l’ensemble une certaine théâtralité qui sied bien à ce récit quasi mythologique. Soumsoum, la nuit des astres trouve son plus précieux relief dans sa dimension picturale. Autour de l’héroïne, le monde est soit plongé dans la nuit noire soit dans les chaleureuses teintes oranges et ocres de l’immensité rocailleuse alentours. Le réalisateur compose ici des plans superbes, tout en horizontalité et en lignes droites (celles des bâtiments, de l’horizon) qui, mises très en valeur par un format au scope immense, créent moins un labyrinthe autour de Kellou qu’un jeu de piste la guidant dans un autre monde que celui des hommes du village. Le Polyester.

  • Mahamat-Saleh Haroun explore le rôle et la place du merveilleux et de l’invisible dans un film magnifiquement mis en scène qui appelle à lire entre les lignes. Il convoque toute une cosmogonie du merveilleux et des contes qu’il tisse avec légèreté dans la couverture de cérémonie d’un réalisme de figures symboliques (qui en disent beaucoup plus long qu’elles n’y paraissent sur le Tchad contemporain, la place des femmes, le syncrétisme, la xénophobie, etc.). Une simplicité extrême brodée dans une mise en scène splendide, filmant les visages comme des paysages et les extraordinaires paysages comme des personnages. C'est un long métrage très maîtrisé de passeur d’éternité à destination d’une fraternité cinématographique occulte, dont le style narratif très inhabituel en déconcertera peut-être plus d’un, même si "il y avait un monde avant eux, un monde qu’ils méprisent car ils ignorent sa richesse, ce monde qui dit quelque chose de nous et de notre passé."  Cineuropa.

Réalisation

de Mahamat-Saleh Haroun.

Distribution

Avec Maïmouna Miawama, Eriq Ebouaney, Achouackh Abakar Souleymane, Brigitte Tchanégué...

Année : 2026

Durée : 1h 41min | Drame 

Nationalité : France, Tchad.

Titre original : 

Bande Annonce