LES ÉLÉPHANTS DANS LA BRUME
Synopsis
Ce film a été présenté en sélection Un Certain Regard au Festival de Cannes 2026, ou il a remporté le prix du jury et Meilleure Création Sonore.
Dans un village népalais niché au cœur d’une forêt peuplée d’éléphants sauvages vit une communauté kinnar aussi vénérée que crainte pour ses pouvoirs de bénédiction et de malédiction. Pirati, l'une des mères de la communauté, rêve de s’échapper avec l’homme qu’elle aime. Mais lorsqu’une de ses filles disparaît, elle se doit mener l'enquête et choisir entre son désir de liberté et ses responsabilités envers sa communauté.
- Premier film népalais en sélection officielle à Cannes, ce premier long-métrage d’Abinash Bikram Shah vu à Un certain regard impressionne. « Les éléphants dans la brume » s’impose aussi bien par la puissance politique de son sujet que par la beauté sidérante de ses images. Le film vibre d’un même élan queer et politique, offrant des images aussi neuves que bouleversantes. En levant le voile sur la précarité qui frappe ces minorités de genre, Les éléphants dans la brume refuse d’esquiver son sujet brûlant. Mais au lieu de capituler face à la fatalité du drame, Abinash Bikram Shah choisit l’insoumission et orchestre un final mémorable, un sursaut de dignité d’une puissance inouïe. Trois Couleurs.
- Les partis pris créatifs du scénariste-réalisateur sont affirmés et audacieux. Il ne lésine sur aucun moyen pour décrire la réalité du village avec une intensité kaléidoscopique. Les plaisirs charnels et les interactions à vif affleurent : on voit les femmes kinnars s’invectiver copieusement, des foules de jeunes hommes devenir hystériques en voyant Apsara danser et même Pirati et son compagnon faire l’amour avec passion, sous des lumières colorées. À l’image de Pirati, qui veut connaître la vérité, Bikram Shah n'hésite pas à nous montrer le "linge sale" de la communauté. Il faut arrêter de faire semblant de sacraliser ce monde, semble-t-il dire, car ces femmes méritent mieux. Cineuropa.
- "Les éléphants dans la brume" dévoile sciemment au compte gouttes les enjeux autour de la survie de cette communauté de femmes transgenres (succession du gourou, acceptation par le village, discriminations…), se muant peu à peu en double enquête (celle d’une policière bienveillante et celle de Pirati) autour de la disparition d'Apsara, questionnant les droits de celles qui ont dû ici se réinventer une famille. Avec comme point central la question de l’acceptation, comme femmes, comme personnes à part entière, mais aussi en interne aux kinnars, comme personne amoureuse et sexuée, le film offre aussi une belle parabole avec ces fleurs bleues qui ont besoin de chaleur pour libérer leur couleur. Sombre et révolté, le film marque aussi par quelques plans ou scènes, de cette procession nocturne avec torches et lampes qui sert d’introduction, à cette cérémonie où une file se forme dans un escalier le long des berges, en passant par la puissante scène finale, où enfin les animaux du titre prennent toute leur dimension. De quoi tenter ce voyage intrigant jusqu'au Népal. Abus de Ciné.
Réalisation
De Abinash Bikram Shah.
Distribution
Avec Pushpa Thing Lama, Deepika Yadav, Jasmin Bishwokarma, Aliz Ghimire...
Année : 2026
Durée : 1h 43min | Comédie dramatique | En Vostf
Nationalité : Népal, France, Allemagne, Brésil, Norvège.
Titre original : Elephants in the Fog
