Synopsis

Ce film a été en Compétition au Festival de Cannes 2026 ou il a remporté le Grand Prix.

Russie, 2022. Gleb, chef d’entreprise prospère, vit avec sa femme Galina et leur fils dans une ville de province. Il se retrouve confronté à des problèmes professionnels croissants, dans un monde de plus en plus instable. L’effondrement d’une vie soigneusement construite bascule rapidement dans la violence.

  • Enfin un film qui aborde la question ukrainienne du point de vue russe. Le réalisateur de Faute d’amour réussit un tour de force.  Le réalisateur parvient à ne ne pas verser dans le militantisme politique frontal, préférant équilibrer son propos avec un récit familial intimiste qui pourrait avoir lieu n’importe où dans le monde. Il cultive un goût du tragique consolidé par un scénario très bien ficelé. AVoirAlire.com.
  • On parle pourtant de la même chose : une société pourrie, hantée par des hommes se dévorent, et dans laquelle il n’y a aucune forme d’espoir. De la lumière bleue froide qui glace le décor à la décharge à ciel ouvert, on ne sait plus où mettre le pied dans cette Russie, aussi inextricable qu’un labyrinthe. Signalons également le relief de l’habillage sonore, qui ne dit jamais exactement la même chose que l’image. Autant d’éléments qui rendent le public actif devant Minotaure, alors que les autorités dépeintes dans le film finissent par tenir des discours aussi idiots qu’infantilisants, avec un champ lexical digne d’une chanson de Bernard Minet. C’est pourtant le monde de Minotaure, notre monde, celui où la vérité n’a strictement plus aucune forme d’importance et où seuls subsistent des simulacres pathétiques. On croit avoir vu venir la parabole de Zviaguintsev, celle-ci s’avère encore plus cinglante que prévu. Le Polyester.
  • À l’instar de Chabrol en son temps, Minotaure pose une question glaçante : jusqu’où peut-on aller pour préserver le masque ? jusqu’à quel degré d’aliénation ? Appliquée au contexte de la guerre en Ukraine, la réponse – tout aussi glaçante – n’en est que plus frontalement politique, car enfin Gleb fait partie des puissants de ce monde. Les pauvres, les chômeurs, les artistes, dont le « troisième homme » du récit est une forme de synthèse, sont sacrifiés sur l’autel de l’indifférence.
    Un constat d’autant plus noir qu’il est filmé avec ce sens de la tragédie cher à Zviaguintsev, réduit à son essence muette : l’image d’un couple qui s’enlace dans l’obscurité, rien que l’obscurité. Trois Couleurs.

Réalisation

De Andreï Zviaguintsev.

Distribution

Avec Dmitriy Mazurov, Iris Lebedeva, Boris Kudrin, Yuriy Zavalnyouk...

Année : 2026

Durée : 2h 15min | Drame

Nationalité :  France, Allemagne, Lettonie .

Titre original : Minotaur

Bande Annonce