Synopsis

Ce film a été présenté à la Quinzaine des Cinéastes au Festival de Cannes 2026 et fut le Coup de cœur du public.
Adaptation du roman de Keiran Goddard "I See Buildings Fall Like Lightning".

Cinq amis. Cinq vies. D'innombrables espoirs. Patrick, Shiv, Rian, Oli et Conor ont grandi à Birmingham. Ils jouaient ensemble, séchaient les cours ensemble et rêvaient ensemble du futur. Aujourd'hui, ils ont trente ans et sont rattrapés par le quotidien. Seul Rian a quitté la ville et fait fortune à Londres. Quand il revient s’installer à Birmingham, les secrets enfouis refont surface.

  • Le cinquième film de Clio Barnard (remarquée avec Le Géant Égoïste en 2013) évite les clichés larmoyants du drame social grâce à ce jeu d’équilibriste permanent entre ombre et lumière, des personnages toujours surprenants de profondeur et un art maîtrisé de l’esquisse et de la suggestion dans la mise en scène. Il suffit d’une paire de chaussures pour résumer la lutte des classes ou de la réminiscence d’un effondrement pour donner à une scène de fête des allures de fin du monde. Brillant. Trois Couleurs.
  • Barnard rend avec force le fardeau émotionnel que porte chacun. Son observation la plus fine (en plus de ce qu'elle transmet à travers les critiques formulées par Patrick, le plus politisé, sur la politique néolibérale en matière de logement) est que cette petite troupe est restée amie et qu'elle semble avoir régressé, au lieu de nouer des liens plus matures correspondant aux adultes qu'ils sont à présent. En tant que sources imparfaites de solidarité et de caisses de résonance quand les autres ont besoin de soutien et de conseils, ils font ressortir le pire des autres. Cineuropa.
  • Mais les immeubles finissent toujours par s’effondrer, comme les rêves. C’est d’ailleurs la seule chose que le film regarde vraiment : ces images d’archives en DV, granuleuses et tremblées, qui montrent les tours au moment de leur destruction, là où s’échappent les réminiscences du bibliobus comme un geste révolutionnaire égaré dans les décombres de la propriété, préférant le flou de la vie à la netteté de sa démonstration. Une démonstration que poursuit pourtant Barnard en réduisant la masculinité et les bribes de discours féministes à une psychologisation de la violence sans jamais l’éprouver matériellement. Là où Woolf laissait ses personnages se dissoudre dans le flux du temps, Barnard recoud à la hâte des destins préfabriqués et révèle son incapacité à habiter le temps long que réclame toute transformation véritable. C’est bien là tout le paradoxe du film : vouloir filmer la fatalité de classe tout en accordant à chacun sa rédemption. Rien ne change à 30 ans, les adultes n’existent toujours pas, pas plus que la lumière lisse et édulcorée, ni la soudaineté qu’impose le film, sans jamais laisser tomber la foudre.  Tsounami.fr.

Réalisation

De Clio Barnard.

Distribution

Avec Anthony Boyle, Joe Cole, Jay Lycurgo, Pierre-Antoine Billon...

Année : 2026

Durée : 1h 49min | Drame.

Nationalité : Grande-Bretagne

Titre original : I See Buildings Fall Like Lightning

Bande Annonce