Synopsis

Ce film a été présenté a la Semaine de la Critique au Festival de Cannes 2026 ou il a remporté le Prix SACD

Pristina, Kosovo, fin des années 1990. Alors que la guerre se profile et que les tensions ethniques s’exacerbent, Dua, 13 ans, peine à trouver sa place parmi les siens et dans son corps en plein changement. À la suite d’un incident qui ébranle sa communauté, elle devient elle-même une cible et se lie avec une fille intrépide, Maki, qui l’entraîne vers une forme inattendue de résistance. Entre les violences quotidiennes et la menace grandissante de l’exil, il reste peu de place pour les petits éveils intimes.

  • Dua décrit la sortie précipitée de l’innocence d’une jeune fille de treize ans, hantée par la violence quotidienne des Serbes contre les Kosovars. Une œuvre stupéfiante qui force au devoir de mémoire sur le conflit serbo-croate de la fin des années 90. La force du film est d’abord présente dans le jeu de l’actrice Pinea Matoshi. Elle fait montre d’une puissance redoutable dans l’interprétation de son personnage, alternant le regard juvénile et naïf d’une enfant avec celui d’une jeune femme forcée de grandir et d’organiser sa propre résistance. La dureté comme la douceur traversent indifféremment son visage quand elle assiste, impuissante, à l’organisation de ce qui sera bientôt un charnier détestable qu’on avait crû d’une autre époque après la Shoah. On assiste à la déconstruction macabre et irrémédiable de l’enfance pour endosser le rôle de la combattante. AVoirALire.com
  • Dua est victime d’attouchements par un serbe dont elle-même ne verra jamais le visage, son père est molesté par la police, son frère m ntre son intention grandissante de rejoindre la lutte armée avec les risques que cela comporte. La protection que la famille croyait trouver dans son foyer paraît rapidement bien fragile. À l’image du peuple Kosovar, la famille est condamnée à compter sur une aide extérieure qui se fait désirer. Un propos encore terriblement actuel. Abus de Ciné.
  • Le Mot du Jury de la Scad : « En abordant cette édition 2026 de la Semaine de la critique nous nous demandions où en étaient les jeunes cinéastes aujourd’hui ? Et comment trouvaient-ils la force de filmer les guerres sans fin, les populations terrifiées, la prédation généralisée ? Nous avons trouvé un écho à nos questions dans un film tranchant et sans concession. Un film qui raconte la guerre comme on ne l’a jamais vue. Pas la Guerre majuscule, mais plutôt toutes les guerres oubliées, ces guerres minuscules dans des pays qu’on ne sait même plus situer sur la carte du monde. Et il raconte ces actes de barbarie auxquels on s’habitue peu à peu : baisser les yeux, changer de trottoir ou de rue, barricader sa porte, implorer le pardon de son bourreau. Mais à 13 ans on ne s’habitue à rien, et surtout pas à l’impuissance. L’héroïne de ce film veut vivre sa vie d’adolescente, danser, rire, aimer, vivre, tout simplement. Son regard de 13 ans n’explique jamais rien mais éclaire tout. Au nom des autrices et des auteurs de la SACD, nous décernons notre prix 2026 au puissant Dua, de Blerta Basholli, écrit par Berta Blasholli et Nicole Borgeat. » 
  • Le film impressionne justement par sa capacité à ne jamais dissocier l’intime du collectif. Les discriminations subies par les Albanais kosovars résonnent constamment avec la condition des femmes, sommées elles aussi de rester à leur place dans une société profondément patriarcale. À travers Dua, Basholli dessine le portrait d’une jeune fille qui cherche à exister malgré tout, à conquérir un espace de liberté dans un monde qui tente sans cesse de réduire son horizon. Cet empouvoirement reste fragile, traversé de peur et de colère, mais il donne au film sa vibration la plus émouvante. Le Bleu du Miroir.

Réalisation

De Blerta Basholli.

Distribution

Avec Pinea Matoshi, Vlera Bilalli, Kaona Matoshi, Yllka Gashi...

Année : 2026

Durée : 1h 40min | Drame.

Nationalité : Kosovo, France, Suisse.

Titre original : 

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