CHANGER L'EAU DES FLEURS
Synopsis
Ce film a été présenté en Compétition au Festival d'Angoulême 2026..
Violette, la quarantaine, est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Son quotidien est rythmé par les confidences des personnes de passage ou habitués du lieu, qui viennent trouver un peu de réconfort dans sa loge. Un jour, elle reçoit la visite d'un policier, Julien Seul, venu déposer les cendres de sa mère sur la tombe de l'homme qu'elle aimait. Intrigué par l’histoire de Violette, dont le mari a disparu mystérieusement, peu de temps après leur arrivée au cimetière, il décide d’enquêter, faisant sans le vouloir remonter à la surface de douloureux souvenirs ainsi que des vérités salvatrices pour Violette.
- Il n’est pas nécessaire d’avoir lu le roman pour être envoûté par le film. Jean-Pierre Jeunet adapte fidèlement le livre dont il reproduit la structure en forme de puzzle en un jeu fascinant dont les pièces s’emboîtent progressivement. Il évolue entre mystère et mélodrame comme le faisait le roman dont il transcrit l’esprit à l’écran. L’univers du cinéaste avec ses seconds rôles savoureux est reconnaissable entre mille mais il s’efface devant la richesse d’un récit qui tient en haleine. Changer l’eau des fleurs donne envie de (re)lire le livre de Valérie Perrin comme l’ouvrage va sans doute attirer le public au cinéma. 20 minutes.
-
Comme dans ses films précédents, CHANGER L’EAU DES FLEURS parle de deuil, de culpabilité, de solitude et de blessures qui ne disparaissent jamais complètement, mais le roman comme le film refusent de considérer que tout cela condamne forcément à être malheureux pour toujours.
Alors oui, il y a de la naïveté, comme il y en a toujours eu chez Jean-Pierre Jeunet qui se considère encore lui-même comme un grand enfant et CHANGER L’EAU DES FLEURS ne va certainement pas réconcilier avec son cinéma ceux qui ont toujours été allergiques à son univers. Mais en 2026, voir un film qui croit encore aussi fort à la possibilité de réparer quelque chose par l’amour, l’amitié ou simplement la présence des autres fait aussi un bien assez fou, et devrait vous tirer quelques larmes.
Après plusieurs années loin des salles, Jean-Pierre Jeunet semble enfin être revenu exactement là où on l’attendait. Canal+. -
L’ouvrage de Valérie Perrin est un roman à tiroirs, riche de mille rebondissements. Le long-métrage de Jeunet, lui, est un tourbillon. Avec le cinéaste, les héros ressemblent à des personnages de BD, les couleurs sont saturées et les décors ont des airs de brocante où les objets, parfois, paraissent prendre vie.
Jean-Pierre Jeunet filme tout et tout le monde en très gros plans, fait virevolter sa caméra ou apparaître ses protagonistes comme par magie. Il y a dans ce Changer l’eau des fleurs un côté cartoon ou conte, qui fait beaucoup penser à Amélie Poulain.
Dans la première partie du long-métrage, le réalisateur multiplie ces effets, notamment avec des personnages secondaires à la Prévert – Philippe Rebbot est très poétique en fossoyeur, Sergio Castellitto d’une tendresse folle en père de substitution, Albert Dupontel rigolo en notaire rigide… Puis, au fil de multiples sauts dans le temps, Jeunet creuse l’histoire de Violette. Il lève alors le pied sur ses fantaisies et fait émerger une noirceur qui prend aux tripes. Le spectateur souffre avec l’héroïne avant de cheminer, toujours avec elle, vers la lumière de la résilience. Pour “changer l’eau des fleurs”, enfin.
Matthias Schoenaerts, qui incarne le mari de Violette, a la beauté du diable et Melvil Poupaud, qui interprète le flic venu semer le trouble, un sourire angélique. Dans le rôle principal, Leïla Bekhti, magnifique, nous entraîne dans un grand huit émotionnel. Sur son visage, à cœur ouvert, les sentiments semblent décuplés. Le Parisien.
Réalisation
de Jean-Pierre Jeunet.
Distribution
Avec Leïla Bekhti, Matthias Schoenaerts, Melvil Poupaud, Anouk Grinberg, Sergio Castellitto...
Année : 2026
Durée : 2h 17min | Drame
Nationalité : France, Italie
Titre original :
